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Funambule 5 mai, 2009

Posté par cyaqr dans : Funambule,Poésies , trackback

Funambule

 

J’ai du plomb amassé dans l’estomac

M’écrasant pour m’amener au plus bas

Dans un repère où détalent les rats

Et m’y laisser tout seul : bon débarras !

 

Quand cette pesanteur s’estompe enfin,

Je me sens léger, joyeux sous le vin…

A priori car dans mon cher destin

Je ne vois que de funestes desseins !

 

J’ai dans ma tête un grain, sel minéral,

Se dissolvant au monde, sans un râle.

J’ai si peur que mes sentiments dévalent

Les pentes oubliées là, sans mémorial…

 

La frayeur emprisonnant mes journées

N’est pas tant de voir mon corps exposé

Que sentir mes passions se défiler,

Et ma vitalité s’évaporer.

 

« Oh maman, ce soir j’ai mal ! J’ai si mal !

Je repense à l’enfance opale… Oh pâle ! »

 

Pourquoi ai-je perdu le goût subtil

De l’enchantement naissant chaque jour

Dans les yeux de l’enfant joyeux qui court

Rejoindre ses copains, attendre en file ?

 

Pourquoi ai-je oublié tout le piquant

Ressenti et partagé entre amis,

Lorsqu’on entre en territoire ennemi

Voler pour rien un petit peu de temps ?

 

On partait tous en vélo s’amuser,

Lancer des pétards, ébruiter l’été.

En ces moments innocents on était

Vivants au monde ; invincibles on croyait…  

 

L’enfant est un funambule avançant

Le long d’un fil, plus ou moins suspendu

Au dessus d’un gouffre, tant étendu

Que l’horizon s’est dissout en avant.

 

J’ai fini par parvenir presque entier

Au bout du cordon, plutôt desséché.

Au bout il y a ce « monde des grands »,

Monde qui me déçoit énormément.

 

 

 

 

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