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Le creux de ton âme 5 mai, 2009

Posté par cyaqr dans : Le creux de ton âme,Poésies , trackback

Tombe

 

« A Timon Dolent »

 

Le soir mélancolique me prend, ô dévers!

Je creuse, nu et apeuré, ma propre démence ;

Hélas l’autre jour j’ai perdu ma seule chance

De m’enfuir avec toi des affres de la terre…

 

Sentir encore et encore nos doigts se toucher,

Parcourant nos étais, cherchant nos vifs détails…

Ah! Regrets infâmes qui me découpent et me taillent,

Ne me laissant une onde de plus pour pleurer!

 

J’aurais dû te tenir la main,

Pardonne-moi!

J’aurais pu te crier en vain

Pardonne-moi!

 

Je voudrais noyer cette conscience qui nargue!

Elle ressasse inlassablement les souvenirs

Exposés là, entreposés dans des navires,

Vaisseaux des enfers progressant au creux des vagues!

 

D’un seul regard intime, ô ignoble baiser,

Voilà que lui le temps, avide des misères,

A su séparer les faibles d’un trait sévère,

Nos deux corps s’effleurant alors à tout jamais.

 

J’aurais dû t’écouter surtout,

Pardonne-moi!

Te connaître, Toi, jusqu’au bout,

Pardonne-moi!

 

Depuis mon ventre est vide, formé d’un trou lové,

Et tu n’es pas là pour enfin le recouvrir.

Faisant fi de mon être, avec vindicte au pire,

Tout entier devant toi je me serais livré!

 

L’aube pointe, lasse ; ton âme autour émeut,

Personne ne la bouscule, lors je bascule

Dans ce sombre linceul, abyssal monticule…

C’est en l’espoir du long sommeil que je fais vœu!

 

Pourtant chaque fois je suis là,

Sur le dévers.

Qu’importe l’endroit ou l’envers,

Je suis trop las

 

Et j’attends que le ténébreux shéol m’englobe,

En creusant tel un condamné ma propre tombe.

 

 

 

 

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