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Le goût des fraises 8 janvier, 2010

Posté par cyaqr dans : Le goût des fraises,Poésies , trackback

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Le feu passe au rouge et le moteur enrage

Voici que la carrosserie se dissout autour de nous

Je pleure à voir mourir la rover, toi tu ris de bon cœur

Nous voilà donc assis tous les deux sous la pluie

Il fait gris, les oiseaux sont rentrés dans leurs nids

On a froid, on est trempé, et on frissonne de joie

Tu me dis « attends encore un peu » et je reste sans voix

Ton sourire me réchauffe et tes yeux m’accrochent

Plus aucune voiture ne circule à cette heure

La route a de toute façon disparu à toute allure

Il n’y a plus que de la boue et un ruisseau par ici

Et puis au loin j’entends galoper, ça se rapproche

Tes cheveux sont maintenant colorés en orange

C’est une licorne qui arrive de loin vers nous

Elle ralentit et nous dévoile une crinière flamboyante

Dans le gris de la nuit tes cheveux sont bien rouges

L’animal s’arrête devant nous et nous fait révérence

Je tend ma main et tu montes sur la bête essoufflée

Je me sais conducteur de train, pas de licornes

Après tout c’est facile, il suffit de se laisser glisser

Me voici sur la monture tel un preux chevalier

Et toi ma princesse aux longs cheveux verts

Sans hennir gare la licorne démarre sur ses grands chevaux

Le paysage défile d’abord lentement, il n’y a plus un immeuble

Puis ça s’accélère brusquement, et nous voici cramponné

Elle à moi, moi à la crinière, elle et moi aux grands airs

Les rails se sont formés sous les sabots de notre monture

Les sabots se sont transformés en roues déroutantes

D’un coup de corne cette licorne aiguille notre route

En virage serré nous sommes sans nul doute

Sur le point de tomber

La voie redevient rectiligne et le monde autour est vif

Le soleil a remplacé la pluie et ta chevelure est toute dorée

La station d’arrivée est à quelques mètres devant nous

Un beau château s’y profile et nos roues se défilent

Le galop reprend et nous propulse dans le palais

Un tapis d’abord orange vire au rouge à l’entrée

La licorne s’arrête et nous envoie valser

On est bien habillé, toi la princesse et moi le prince

Tous les invités sont là et nous attendent pour danser

Mais je te prends par la main et en riant nous sortons

Par une porte dérobée, emportés par un colimaçon

Nous tourbillonnons jusqu’en bas où un cours d’eau s’ébat

Le roi gronde en haut, il veut nous envoyer au cachot

Je te serre la main et tu me donnes un baiser

Il a le goût des fraises, pas celles des supermarchés

Celles du jardin de mémé les beaux jours d’été

Nous plongeons ensemble dans le cours d’eau

Un sirop à la menthe un peu visqueux mais bel et bien délicieux

On avance comme deux grenouilles le long de ce ruisseau

La court du roi a largué les amarres et nous pourchasse

Ah j’en ai marre, tout le monde hurle à la trahison

Mais notre sort est pour de bon livré au fil du flot

Il nous vomie, nous tombons en apesanteur le long d’une chute

Qui chuchote et nous dépose sur une barquette transparente

Là-haut le roi s’époumone encore mais nous voici loin de lui

L’on suit le cours de la menthe à l’eau qui nous mène là où il peut

La menthe devient plus orange et je goûte sa nouvelle saveur

Tu en bois toi aussi, tes cheveux sont toujours aussi rayonnants

La rivière est maintenant rouge-fraise

Notre embarcation s’arrête en plein milieu et le sirop s’infiltre

Par les pores de la barquette, quelle drôle d’idée

Et voilà que nous sombrons avec un fou rire gigantesque

Nous nous prenons par la main et l’espace devient sucré

J’ai la sensation de tes baisers partout sur moi

Nous sombrons… mais que voyons-nous là ?

Une paille plonge et sirote tout

Nous sommes aspiré comme dans le siphon d’un évier

Nous ressortons au grand jour sur un lac mystérieux

Il est bel et bien crémeux et, contents de vivre nous batifolons

Sans cesse, nous fouettons le lac à plein régime

Jusqu’à former une couche de beurre glacé

Où la court du roi vient patiner dans la joie

Le roi nous attend sur les bords, moins mécontent

Il a même un sourire si radieux qu’il nous flanque une peur bleue

Il nous confit ne plus avoir de beurre depuis des millénaires

Que ses tartines sont bien sèches et ses gâteaux bien insipides

Ravi, il ordonne à ses valets de récolter ce bonheur

Et à nous de le suivre pour un repas en notre honneur

Une table astronomique nous accueille

Remplie d’une infinité de produits dérivés de la fraise

Le roi, fort d’un discours hâtif, en dévore une forte quantité

Et se rendant malade, il vire au vert rapidement

Ses fidèles accourent et l’amènent d’urgence très loin

Nous voilà libre à nouveau, mais où donc aller ?

C’est toi qui me tends la main et nous allons danser

Dans la salle de bal désertée où une architecture

En sorbets soutient les murs avec ses multiples saveurs

Le soleil se fait hardant dehors et la chaleur devient caniculaire

Les sorbets coulent et il pleut des fruits

Le palais disparaît peu à peu mais tu souris toujours

Tu me prends dans tes bras et notre voyage s’achève

Là, au beau milieu d’un tourbillon d’arômes multi-fruits

Et tu m’embrasses encore et encore

Tes lèvres ont toujours le magnifique goût des fraises.

 

 

 

 

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