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La Horde du Contrevent (Alain Damasio) – Extrait 2 6 janvier, 2011

Posté par cyaqr dans : Citations,La Horde du Contrevent (Alain Damasio) - Extrait 2 , trackback

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<> La pluie tomba d’abord à petites pattes, en cavalcade douce, puis les chatons furent jetés des nuages par panières entières, par meutes serrées, à pianoter la surface de l’eau. Je n’y parvenais, à dormir, pas. Je me parlais, comme souvent : « Petite Aoi, repose-toi… La journée va être harassante demain… » Mais je sentais l’eau autour de nous bizarre et j’avais le tournis… Alors je me mis à écouter la pluie…

Le choc des gouttes sur les feuilles souples et le matelas du lac, ce bruissement continu, cette criblure fine de grains d’eau tombant sur le monde, je ne connaissais pas de sensation plus profondément douce, que je ne savais accueillir avec une totale présence. Pluie, comme d’une cloche liquide battant seconde après seconde à tout volée, alentour et partout, sur l’eau brouillée, sur le sol et le sable, sur le visage de Steppe et à travers l’herbe folle de ses cheveux, pluie s’infiltrant sous toute matière entremise, pluie dans mes mains ouvertes comme des feuilles, glissant sur la nuque fraîche de Callirhoé, dans les crânes décalottés de rêve, pluie dans les oreilles et dans la bouche, puisque rien ne pouvait plus s’y opposer, pluie puisque les cuvettes d’argile n’étaient plus assez vastes pour l’accueillir tout à fait, même pas les lagons longs, pluie, ni les lacs noyés, pluie, ni la flaque… Pluie…

 

 

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